samedi 18 novembre 2017

la véritable nuit de l'âme

La véritable nuit de l’âme

Il est trois quatre heures du matin
La véritable nuit de l’âme
Comme l’écrivait le plus étincelant
Et le plus malheureux
Des romanciers américains

Toute vie est bien entendu un processus de démolition

Il est seul avec sa douleur
C’est le lot de tout à chacun
La douleur ne se partage pas
C’est son corps qu’elle tourmente
Son esprit qu’elle assombrit

Il est trois quatre heures du matin
La folie habituelle de la ville
Est dans une phase de latence
Et le temps est comme suspendu
En une piètre éternité

Des visions fugaces
Le maintiennent éveillé
Par instants ses yeux brûlent
Milliers de points
Qui semblent crépiter

Mêlés aux anxiétés
Mesquines du petit salarié
Aux inavouables petites envies
Aux vagues regrets 
Reviennent les événements du jour

L’éprouvante laideur des images
Le triomphe de la mort
Les tueries les corps les visages
Jusqu’à ce que le regard tombe
Sur le portrait des assassins

Ces vomissures à forme humaine
Et qui voulaient mourir les imbéciles
Et que d’autres nombreux meurent avec eux
Sans quoi sans doute la jouissance
Ne serait pas complète…

Il doit être près de cinq heures à présent
Bientôt les oiseaux
Commenceront d’appeler l’aube de leurs vœux
Retentiront leurs cris joyeux
La ville réveillera ses fous

Et ce sera un autre jour

Jimmy Poussière (Alain M)

mercredi 15 novembre 2017

the Wanderer

The Wanderer (Johnny Cash/U2)

I went out walking
Through streets paved with gold
Lifted some stones
Saw the skin and bones
Of a city without a soul
I went out walking
Under an atomic sky
Where the ground won't turn
And the rain it burns
Like the tears when I said goodbye

Yeah I went with nothing
Nothing but the thought of you
I went wandering

I went drifting
Through the capitals of tin
Where men can't walk
Or freely talk
And sons turn their fathers in
I stopped outside a church house
Where the citizens like to sit
They say they want the kingdom
But they don't want God in it

I went out riding
Down that old eight lane
I passed by a thousand signs
Looking for my own name

I went with nothing
But the thought you'd be there too
Looking for you

I went out there
In search of experience
To taste and to touch
And to feel as much
As a man can
Before he repents

I went out searching
Looking for one good man
A spirit who would not bend or break
Who would sit at his father's right hand
I went out walking
With a bible and a gun
The word of God lay heavy on my heart
I was sure I was the one

Now Jesus, don't you wait up
Jesus, I'll be home soon
Yeah I went out for the papers
Told her I'd be back by noon

Yeah I left with nothing
But the thought you'd be there too
Looking for you

Yeah I left with nothing
Nothing but the thought of you
I went wandering



Pour écouter le morceau 
https://youtu.be/d-dZvQxYX1g

en position tenace, sur la route du ciel

Jimmy Poussière (Alain M)


Le champion espagnol
Qui n’a pas froid aux yeux
Précédé de motos
En position tenace
Sur la route du ciel

           Jean-Louis Murat, Le Champion espagnol

lundi 13 novembre 2017

la blancheur de la baleine

Dessin Birte Hartmann


« Sans parler de ce qui saute aux yeux à propos de Moby Dick et qui peut effrayer l’âme de n’importe quel homme, il y avait une autre image ou plutôt une autre idée terrible d’elle, indescriptible toutefois, mais qui par, son intensité, dépassait parfois tout le reste ; quelque chose de mystique, voire d’ineffable, qui désespérait l’entendement. 
Par-dessus-tout, c’est la blancheur de la baleine qui m’épouvantait. Bien qu’y ayant déjà fait allusion par ailleurs d’une manière vague du reste, et au hasard de la plume, comment m’expliquer à ce sujet ?
Il est admis que la blancheur, par sa pureté, rehausse la beauté de maintes choses naturelles : marbres, laques, perles ; et il est connu que plusieurs nations ont donné une certaine prééminence royale à cette couleur sur toutes les autres ; les vieux rois barbares et grandioses de Pégu, avant tout autre titre se disaient « Seigneurs des Eléphants Blancs », et les modernes rois du Siam font figurer sur l’étendard royal ce même quadrupède blanc de neige. »

(Herman Melville, Moby Dick, chapitre 42, « La blancheur de la baleine »)  

samedi 11 novembre 2017

la Gitane et le Bipolaire (un poème de l'ami Guillaume)

La Gitane et le Bipolaire

Il y a bien longtemps que je ne rêve plus.
Je ne me fais plus piéger par les chimères.
Peut-être est-ce le fait de fumer jusqu’à peux plus.
J’aurai toujours le doute mais ça doit y faire.

Pourtant hier je me suis laissé prendre.
De mon sommeil opaque naquit un songe.
Etrange il ressemblait à s’y méprendre
A ceci viens mon pote on s’y replonge.

Car toi aussi tu étais de la partie.
Tu raillais même la poésie ma faiblesse.
Marie-Jeanne te donnait un air ravi.
Sous mes yeux tu faisais danser l’espèce.

Elle coulait à flots débordait de tes poches
Te peuplait l’esprit de désirs de roi
Les Jazz Clubs, les femmes, la poudre, une porsche.
Rien ne t’arrêt ’rait, en tous cas pas toi.

Moi je fumais pour tenter d’embellir
Ce rêve de vie qui te fait péter un plomb
Toi tu fumais pour t’abrutir c’est pas pire
On n’sera pas des gagne-petit, des bouffons. 

Nous avions une maîtresse commune,
Qui loin de rendre jaloux nous unissait.
Ensorceleuse elle faisait que chacune
De nos pensées brouillées était dirigée

Vers ses yeux de braise ses seins ces outrances
Cet air mutin de gitane insaisissable
Qui fait briller nos yeux, donne de l’assurance,
En nous aussi il y a une part de diable.

C’est un rêve bien banal je le concède,
Là où je t’avais promis de l’étrange.
La suite peut-être te viendra en aide.
Nous étions jumeaux avec des sourires d’ange.

Cette gitane, c’est l’argent, tu le sais mon poteau,
Qui me vrille l’esprit et me pousse à dire nous
Là où il n’y a que moi, un peu d’ mon égo
Que la gitane a rendu fou.

                                                            
   Guillaume Joseph


Jimmy Poussière (Alain M)

jeudi 9 novembre 2017

Jack the Ripper


Jimmy Poussière (Alain M)



Jack the Ripper

            Pour Alain,

Jadis j’ai connu une femme

J’eusse mieux fait
De passer mon chemin
J’ai regretté par la suite
De ne pas être chirurgien
Et de ne pas disposer
Des instruments adéquats

Elle eût été parfaite
En Mary Jane Kelly
Et moi
En Jack L’Eventreur
J’eusse pris la fuite
Avec son cœur –

Mais le problème est
Qu’elle n’en avait pas !